ALESSANDRO SILVERJ

Italie

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Ouvert tous les jours de 10:00 à 18:00

Vernissage

samedi 09 mai 2026 à 11:00

Présentation

Entre le XVe et le XVIIIe siècle, les peurs et les superstitions étaient profondément enracinées dans les villes et les campagnes d'Italie et d'Europe, donnant lieu à des persécutions systématiques aujourd'hui connues sous le nom de chasse aux sorcières. Ce n’était pas des cas isolés, mais plutôt le résultat d'une dynamique sociale, religieuse et politique complexe qui a convergé vers une guerre séculaire contre ceux qui étaient considérés comme « différents ». Les femmes — en particulier les sages-femmes, les guérisseuses, les veuves, les prostituées, les pauvres ou simplement celles qui défiaient les attentes de leur époque — sont devenues les principales cibles de cette violence.
Les accusations pouvaient surgir du moindre prétexte : une récolte ratée, la fièvre d'un enfant, la rancœur d'un voisin. Les gens parlaient de femmes qui jetaient des sorts, provoquaient des maladies, faisaient tourner le lait, volaient du bétail ou provoquaient des tempêtes. Derrière ces accusations se cachaient des tensions culturelles bien plus profondes. Les rites anciens qui s'écartaient de la doctrine catholique, la médecine populaire et toute forme d'autonomie féminine étaient systématiquement interprétés comme des signes d'activité diabolique.
Ce climat de paranoïa était souvent alimenté par les autorités locales et les institutions religieuses et servait à renforcer leurs fonctions de contrôle social.
La pensée des Lumières, les changements dans les procédures judiciaires et le scepticisme croissant à l'égard des institutions religieuses ont contribué au déclin de ce phénomène. Au début du XVIIIe siècle, la chasse aux sorcières avait pratiquement disparu de la plupart des pays d'Europe occidentale, mais les ravages et les horreurs qu'elle avait causés ont laissé leur empreinte dans la mémoire collective.
Les historiens estiment que plus de 110 000 procès de sorcières ont eu lieu en Europe occidentale, dont beaucoup se sont soldés par une exécution. Le dernier cas connu est celui d'Anna Göldi, condamnée en 1782 dans le canton suisse de Glaris, dernière femme exécutée pour sorcellerie en Europe.