Boutographies

Edito

Les seize années écoulées depuis la création des Boutographies ont été celles de la rencontre avec les nouveaux talents, des débats et des confrontations avec les acteurs de la photographie européenne sous toutes ses formes. Pendant cette période fertile en découvertes, Les Boutographies ont affirmé leur projet sur une exigence simple et ambitieuse : montrer ce que la création photographique la plus contemporaine nous propose. Cela se traduit par une attention particulière à la façon de mettre en images, de représenter, de donner forme à ce qui accompagne et peuple nos vies, plutôt qu’aux évènements eux-mêmes, insaisissables par essence.

La programmation 2017 montre un large éventail d’usages de l’image photographique, tels qu’ils sont pensés et construits par les plus talentueux des quelques six cents photographes qui nous ont adressé leurs travaux. Certains produisent des images directement corrélées à des sensations physiques premières - odeurs, sons, perceptions visuelles pré-figuratives - images qui oblitèrent leur référent pour mieux exercer leur pouvoir d’évocation imaginaire ou symbolique. Christelle Boulé, Eun Chun et Jannemarein Renout en sont les représentants. Les autres auteurs présentés ici en accrochage ou en projection sont plus proches d’une narration photographique plus traditionnelle, mais n’exercent pas pour autant une lecture du monde qui échapperait au sensible, à la présence des corps et des regards dans un espace donné. Sandra Mehl, que nous accueillons pour sa première grande exposition dans sa propre ville, et Ali Mobasser font le simple constat de la présence d’individus auxquels leur propre vie s’est attachée, dans une relation forte de curiosité, d’empathie et de questionnements. Chez Zoé Van Der Haegen et Flaminia Celata (Prix Exchange-Fotoleggendo 2016), la nature porte la mémoire d’une présence humaine qui intervient sur les formes, les matières, et la substance des choses avant même d’exercer son pouvoir de mise en image du monde. Alban Lécuyer nous rapproche d’une démarche documentaire en dressant le portrait d’une ville, Phnom Penh, qui semble vouloir exorciser l’histoire d’une quasi-disparition en tant que cité sous le régime khmer rouge. Quant à Jennifer Niederhauser-Schlup, si sa série est structurée par un récit, c’est pour en assumer le caractère imaginaire, et nous rappeler la capacité de la photographie à soutenir des fictions par une « tentation de réalité » irrésistible. Olga Stefatou, Ikuru Kuwajima et Demetris Koilalous nous entraînent sur les routes et les chemins : ceux qui conduisent vers les origines, ceux qui s’en éloignent, et ceux qui parcourent inlassablement un même paysage, une même éternité minérale. Dans les trois cas, les déplacements dont témoignent les photographies sont perçus comme difficiles et nécessaires, épreuves de confrontation à ses propres pesanteurs, à ses attaches, et moments de surpassement de soi qui permettent de continuer à exister, ailleurs.

L’Orient, proche ou extrême, est particulièrement présent dans la sélection 2017. Ikuru Kuwajima est japonais et vit à Moscou. Eun Chun est une coréenne de Paris. Ali Mobasser est iranien et vit aujourd’hui à Londres. Olga Stefatou, grecque, a étudié à Pékin. Demetris Koilalous nous vient de Grèce également, c’est-à-dire de l’Europe la plus sud-orientale, alors qu’Alban Lécuyer nous montre un Cambodge en pleine reconstruction. Au moment où l’Occident est agité de doutes profonds et de régressions politiques inédites depuis des décennies, voilà les regards venus d’ailleurs qui ont attiré notre attention, aux côtés de ceux qui, ici, continuent de défricher le terrain de l’expression photographique avec des sensibilités diverses et une inventivité inépuisable.

 

L’équipe des Boutographies

Voir le Jury 2017

Un festival qui fait rayonner Montpellier !

 

Le festival de la photographie européenne – Les Boutographies est l’un des symboles de la réussite artistique montpelliéraine. Initié il y a 16 ans par un groupe d’amoureux de la photographie, le festival a su se développer de manière constante pour atteindre aujourd’hui une véritable renommée en France comme à l’étranger. Nous sommes heureux d’accueillir aujourd’hui le retour de ce festival au sein du Pavillon Populaire, espace d’art consacré à la photographie par la Ville de Montpellier.

Le Pavillon Populaire rayonne désormais à l’international auprès des professionnels et attire un public bien au-delà des frontières régionales. Le festival de la photographie européenne – Les Boutographies, dont l’essence est la découverte de talents, vient nourrir notre volonté de porter la photographie et plus largement l’art comme un élément phare de notre politique culturelle. Ainsi, nous sommes particulièrement heureux que, cette année, deux artistes montpelliérains comptent parmi la sélection. L’une d’entre eux, Sandra Mehl, était l’an passé exposée au sein de l’Espace Saint-Ravy. Il y a un symbole de notre capacité à permettre à de jeunes artistes de passer des cimaises de Saint-Ravy à celles du Pavillon Populaire !

Nous sommes fiers d’accompagner fortement cette équipe et ce projet. Fiers de leur réussite et de l’engouement qu’ils rencontrent de la part de la jeune création européenne ! Plus de 650 dossiers leurs sont adressés pour la sélection d’une douzaine d’artistes… Autant reconnaitre sans détours le succès de ces rencontres. Le travail réalisé, auprès des professionnels et du grand public, est pour la Ville de Montpellier un vecteur majeur de notre dynamique dans le domaine de la photographie. La Ville de Montpellier souhaite développer autour du festival un temps fort photographique sur son territoire. Ainsi, outre les partenaires des Boutographies qui ouvriront leurs galeries et lieux d’exposition à la photographie pendant toute la durée du festival, l’Espace Saint-Ravy se mettra également au diapason, avec une exposition du collectif Artplusplus.

Notre ambition est en effet de valoriser les artistes émergents en les accompagnant à l’Espace Saint-Ravy afin de les mener in fine à exposer dans des lieux prestigieux qui leur apporteront d’avantage de reconnaissance ! Elle est également d’offrir aux visiteurs la possibilité de découvrir toutes les formes d’art, classique, contemporaine ou photographique, que ce soit au sein du Pavillon Populaire, du Musée Fabre, de la Panacée, du Carré Sainte-Anne ou de l’Espace Dominique Bagouet.

Nous souhaitons à chacun d’entre vous de vous émerveiller devant les œuvres de ces talents européens, de voyager avec eux aux confins de l’art photographique et que, fidèles comme nouveaux visiteurs, auront pendant encore des années l’envie de pousser les portes du Pavillon Populaire en ce mois de mai !

 

Philippe Saurel,
Maire de la Ville de Montpellier
Président de Montpellier Méditerranée Métropole

 

Sonia Kerangueven,
Adjointe au Maire déléguée à la culture

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