ALEXANDRE BAGDASSARIAN

France

Vit et travaille à Lyon

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Seize et demi

Ouvert tous les jours de 10:00 à 18:00

Dates de l'exposition

09 mai 2026     31 mai 2026

Vernissage

samedi 09 mai 2026 à 11:00

Biographie

Après mes études à l’ENSAD (École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris), j’ai vécu au Chili, où j’ai réalisé Les Naufragés (2013-2017) dans le désert d’Atacama. Avec la série La couleur de la grenade (exposée aux Boutographies en 2024), j’ai porté un regard sur la jeunesse arménienne et sur les traces laissées par trente années de conflit et par la mémoire encore vive du génocide. Je développe aujourd’hui un travail personnel centré sur la jeunesse, les récits indivi- duels et les lieux de repli ou d’enfermement – qu’ils soient physiques, sociaux ou symboliques. Entre 2024 et 2025, j’ai mené un projet intitulé Seize et demi dans une prison pour mineurs, avec le soutien de l’ADAGP.
Parallèlement à mes projets personnels et expositions, je collabore régulièrement avec la presse dans le cadre de repor- tages ou de portraits, ainsi qu’avec des institutions et des ONG. Attaché au travail collectif, je participe également à des projets d’éducation artistique et culturelle. Depuis 2024, je suis enseignant-vacataire au sein du Master Nouvelles pra- tiques journalistiques à l’Université Lyon II.

Présentation

À raison de deux jours par semaine, autorisés par l’administration, j’ai mené un projet mêlant photographie et écriture à l’intérieur de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu, près de Lyon. J’ai tenté de créer un espace de co-création avec les jeunes qui habitent ces lieux. Pour comprendre ce qu’ils souhaitaient montrer d’eux-mêmes, j’avais pris l’habitude de discuter avec eux de leur vie d’avant et de leur quotidien en prison. Parfois, nous avions des moments sans appareils, simplement pour discuter des images produites, les regarder ensemble, et ouvrir la parole sur leur expérience, leurs histoires. Et pendant les sessions où nous faisions des images, ils choisissaient souvent le sujet, l’angle ou leurs poses sur les photos. Je leur proposais aussi d’utiliser l’appareil, une source de lumière, de photographier un autre jeune, un éducateur ou une surveillante. Parfois, nous nous retrouvions à photographier dans des pièces vides. Il fallait alors épuiser les possibilités, chercher comment positionner les corps dans l’espace qui m’était autorisé, jouer avec la lumière et sa capacité à transformer un endroit, pour tenter d’apporter un regard neuf, et surtout, donner à voir des êtres bien vivants, au-delà des clichés qui les figent.
Au fil de ces journées passées aux côtés de personnes à qui l’on attribue des identités aléatoires — détenu(e)s, jeunes, enfants, mineurs ou adolescents, j’ai senti que la seule manière d’agir, à mon échelle, était de photographier en acceptant les règles de la prison sans pour autant en adopter le langage. Certaines images ont contrevenu aux règles. Parmi celles-ci, il y en a une qui continue de m’obséder. Elle restera dans mon esprit, cette vision belle et absurde d’un poney dans la cour intérieure de la prison, immobile sous la neige de décembre.

À propos des textes
Les textes présentés sont issus d’entretiens menés avec les jeunes prisonniers rencontrés au sein de l’EPM de Meyzieu.
Comme les photographies, ils ont été rendus anonymes, sans noms ni visages. Faute d’autorisation d’enregistrer les voix, leur transcription a été réalisée à partir de notes prises directement sur un ordinateur, aussi fidèlement que possible.