HANNES JUNG
Allemagne
Men don't cry
Ouvert tous les jours de 10:00 à 18:00
Vernissage
samedi 09 mai 2026 à 11:00
Biographie
Hannes Jung, est un artiste basé à Berlin. Son approche photographique aborde les thèmes du traumatisme, à la fois individuel et sociétal. Il porte aussi un certain regard sur les mouvements politiques et leur influence dans la société.
On retrouve son travail dans de grands festivals, tels que Fotofestiwal Łódź (Pologne) Białystok Interphoto Festival, (Pologne), Kaunas Photo, (Lithuanie), Promenades Photographiques, Vendome (France) Copenhagen Photo Festival, Copenhagen, (Danemark) et plein d'autres encore.
Il remporte et est distingué pour plusieurs prix en Allemagne, tels que Lotto Brandenburg Kunstpreis Fotografie, le VG-Bildkunst research-grant Hansel-Mieth-Preis, honorable mention, au Gabriel-Grüner-research-grant Hansel-Mieth-Preis, honorable mention. Il est nominé pour le CO-Talent Award, ainsi qu'une mention honorable au Otto-Steinert-Preis, acatech photography grant Münzenberg Forum, art prize Lotto Brandenburg Kunstpreis Fotografie, promotion prize.
Présentation
Pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine, dans les années 1990, des hommes de différentes origines ethniques ont été victimes de violences sexuelles. Prisonniers dans des camps et des centres de détention, ils ont été torturés et maltraités par des soldats et des gardes, et parfois contraints à commettre des actes sexuels entre eux. Ces expériences ont menacé leur sécurité physique, mais elles visaient également à détruire leur dignité, leur identité et leurs liens familiaux. Il est difficile d'en mesurer pleinement l'impact.
Pendant longtemps, les souffrances de ces hommes sont restées cachées. Leurs histoires ont été ignorées, niées ou passées sous silence. De nombreux survivants subissent encore les conséquences de ces événements, sur le plan mental, physique, social et financier. La honte et les tabous sociaux les empêchent souvent de s'exprimer ou de demander de l'aide.
Ce qui est arrivé à ces hommes ne peut être pleinement montré dans des photographies. Néanmoins, la photographie est un moyen d'approcher leurs histoires et de créer des espaces de mémoire.
Mon travail tente de rendre visibles ces traumatismes cachés, en se concentrant sur des lieux qui peuvent sembler ordinaires à première vue, mais qui renferment des souvenirs douloureux pour certains. Bâtiments abandonnés, paysages tranquilles, traces dans l'architecture : tout cela porte des histoires qui ne sont pas directement exprimées, mais qui peuvent être ressenties. Le paysage, comme le corps humain, pourrait témoigner de la violence, mais les signes visibles ont souvent disparu. Comme des blessures sous la peau, les traces dans le sol restent cachées. Mon travail tente de combler ce vide par l'abstraction, pour faire naître des paroles sur ce qui ne peut être vu.
Les photographies sont présentées avec des textes qui sont la voix des survivants. Ils parlent de la mémoire, du silence après la violence, de la lutte pour survivre et de la force qu'il faut pour exprimer l'indicible. Tant que leurs histoires ne seront pas entendues, l'injustice qu'ils ont subie restera irrésolue.
Ce projet s'inscrit dans une démarche de réflexion sur la mémoire, le traumatisme et l'identité. Il invite à examiner de manière critique notre rapport à la vérité et à l'Histoire.