CAMILLE GHARBI

France

site web

Lieux de vie

Biographie

Photographe et architecte de formation Camille Gharbi évolue dans les domaines du portrait et de la photographie d’architecture. Plusieurs expositions sont à son actif depuis 2015 avec «La traversée» chez Immix Galerie (Paris), l’exposition collective «Résonances» aux Rencontres Photographiques du 10e (Paris), «The Wainting Room» à la Maison des Photographes, (Paris) et «Lieux de Vie» aux Moulins Albigeois, (Albi).

Présentation

Ces images ont été réalisées au printemps 2016, dans ce que l’on appelait la « Jungle de Calais ». 
Elles donnent à voir quelques une des constructions qui s’élevaient alors dans le camp de Lande, qui a abrité plusieurs milliers de demandeurs d’asile et a été démantelé sur décision du Ministère de l’Intérieur à l’automne 2016.
Les constructions montrées ici sont décontextualisées.
 Elles sont isolées de cet environnement qui polarise les médias depuis tant d’années, sur lequel on a tant écrit, lu, montré, regardé, et que l’on a fini par détruire, faute de mieux. Peut-être pour ne plus le voir.
Ces constructions se tiennent là, devant nous, isolées d’un contexte bruyant.
 Elles ne parlent plus d’une situation inextricable, elles ne sont plus le symbole d’une crise mondiale ou d’une problématique que l’on ne saurait résoudre. 
Elles sont là, simplement, et ne parlent que pour elles-mêmes.
 Elles nous interpellent. Avec violence, parfois, avec humour, aussi.
 Par-delà les clichés, les représentations misérabilistes, les préjugés que l’on peut associer à cet univers particulier qu’était la Jungle de Calais, elles nous montrent la formidable résilience dont ont fait preuve les personnes qui les ont bâties. Elles nous parlent de vies qui cherchent à se reconstruire, d’ingéniosité, de créativité, d’espérance, d’entraide, de coopération, de souffrances, et d’optimisme.
Elles nous parlent simplement du désir de vivre, et de l’incroyable force qu’il peut déployer. Autant de choses que, dans un autre monde, nous aurions peut-être su mieux voir.
NB : En février 2016, le tribunal administratif de Lille valide le principe d’évacuation de la zone sud de la jungle de Calais. Toutefois, le juge constate l’installation, sur cette zone, de «lieux de vie» aménagés par les migrants, « qui leurs sont nécessaires et auxquels ils sont attachés pour des raisons culturelles notamment ». Le juge des référés estime en conséquence que la mesure d’évacuation ne doit pas porter sur ces « lieux de vie ».
Considérant cette décision, migrants et associations écrivent sur une grande partie des cabanes, maisonnettes, et autres constructions qui abritent les réfugiés l’inscription « lieux de vie».