Biographie
Après mes études à l’ENSAD (École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris), j’ai vécu au Chili, où j’ai réalisé Les Naufragés (2013-2017) dans le désert d’Atacama. Avec la série La couleur de la grenade (exposée aux Boutographies en 2024), j’ai porté un regard sur la jeunesse arménienne et sur les traces laissées par trente années de conflit et par la mémoire encore vive du génocide. Je développe aujourd’hui un travail personnel centré sur la jeunesse, les récits indivi- duels et les lieux de repli ou d’enfermement – qu’ils soient physiques, sociaux ou symboliques. Entre 2024 et 2025, j’ai mené un projet intitulé Seize et demi dans une prison pour mineurs, avec le soutien de l’ADAGP.
Parallèlement à mes projets personnels et expositions, je collabore régulièrement avec la presse dans le cadre de repor- tages ou de portraits, ainsi qu’avec des institutions et des ONG. Attaché au travail collectif, je participe également à des projets d’éducation artistique et culturelle. Depuis 2024, je suis enseignant-vacataire au sein du Master Nouvelles pra- tiques journalistiques à l’Université Lyon II.
Présentation
« La couleur de la grenade », est un travail de photographie documentaire au long cours hanté par une question : y a-t-il un demain au demain ? Une dérive guidée par le regard vibrant d’une jeunesse née dans les décombres de l’Arménie, héritière d’une Histoire dont la complexité et la violence insondable continuent de résonner aujourd’hui. Au cœur de ce rêve bien réel, vers où regarder ? L’Occident, l’Orient, la Russie ? Au milieu des paysages fragmentés, des personnes séparées, vers où naviguer ? Vers une île sans côtes, où se créent toujours les liens qui unissent, les regards qui illuminent, les montagnes qui grandissent.
Plus personnellement, c’est aussi l’éveil inconscient, somnambule, d’un sentiment d’appartenance à cette culture, dont, malgré mon nom, j’ignorais presque tout. Quelques souvenirs d’enfance comme un mélange d’odeurs, de regards, de visages, et aujourd’hui l’envie de remonter la piste de mes ancêtres et de leur histoire. Depuis leur Cilicie natale (province du sud de l’ Anatolie), ils sont partis travailler dans les ateliers textiles des quartiers arméniens de Bursa, dans la province de Constantinople, jusqu’aux événements de 1915 qui les conduisirent d’abord vers le Liban, et finalement en France.
Le titre «La couleur de la grenade» est un clin d’œil au poète Sayat Nova qui, de son temps, écrivait dans toutes les langues du Caucase : Russe, Arménien, Géorgien et Azerbaïdjanais. La grenade, symbole doux et âpre, est un fruit très présent dans la société et la culture arméniennes. Il est appelé «fruit du paradis» et les légendes disent que son cœur compte 365 pépins, un pour chaque journée de l’année, comme un symbole d’éternité.