JEF BONIFACINO

France

Vit et travaille à Le Barcarès

site web

Belarus' Legacy

10h > 19h - Tous les jours

Dates de l'exposition

15 mai 2021     30 juin 2021

Biographie

Photographe indépendant, Jef Bonifacino développe des projets documentaires au long cours axés sur des thématiques sociales ou environnementales. Il établit des liens entre différents espaces afin de questionner la relation de l’homme à son environnement et à son histoire. En 2019 il est membre fondateur d’Inland, coopérative de douze photographes documentaires.

Présentation

En 1986, la centrale de Tchernobyl explose. Les retombées radioactives directes affectent majoritairement la Biélorussie. La zone d’exclusion de Tchernobyl, 30 km2 autour de la centrale, est créée, à cheval entre l’Ukraine (40%) et la Biélorussie (60%). Alors que la zone est toujours contaminée et que les biélorusses sont la population civile la plus touchée par une catastrophe nucléaire civile, la nouvelle centrale nucléaire biélorusse d’Astravets sera mise en service en 2020.
L’histoire se répète dans le silence. Oleg vit à Kamarin, à 30 kilomètres de la centrale de Tchernobyl. Il me dit avec un sourire : « Comme ça ils réussiront peut-être à tuer la deuxième partie de la population. »
Ce cycle de répétitions du à l’occultation du passé caractérise particulièrement la Biélorussie. Comme l’écrit Tatiana Gloukhova : « La mémoire est constitutive de l’identité... C'est justement la discontinuité, l'intermittence qui caractérise le mieux la mémoire collective biélorusse. »
En Biélorussie, presque la moitié de la population a disparu en un seul siècle, tuée par les guerres et les révolutions. Une partie des habitants est malade : les biélorusses sont encore les premières victimes de Tchernobyl.
Cet héritage biélorusse est caché, souvent volontairement. Pour le Président Loukachenko en fonction depuis 26 ans, il est plus simple d’interdire à son peuple de parler du passé et d’en tirer des leçons. Pour la population, il est parfois trop douloureux de se remémorer les traumatismes.
Cette série documentaire explore plusieurs lieux de mémoire importants à travers le pays. En faisant se répondre différentes époques, mon travail interroge les répétitions que l’oubli entraine et tente de récréer un dialogue entre deux silences. Trente cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, cette série se penche sur les traces de l’histoire du pays afin d’éclairer son présent.