ALEXANDRA FRANKEWITZ

Vit et travaille à Sète

site web

A mains nues

Ouvert tous les jours de 10:00 à 18:00

Dates de l'exposition

09 mai 2026     31 mai 2026

Vernissage

samedi 09 mai 2026 à 11:00

Biographie

Née en 1976, Alexandra étudie la photographie documentaire à Newport (Pays de Galles) pendant 3 ans. Elle a largement été influencée, durant sa formation par cette nouvelle forme de photographie qui laisse une forte place à la subjectivité dans l’approche documentaire. En 2003 , elle intègre le collectif Transit basé à Montpellier. Depuis vingt ans, elle vit et travaille en Occitanie. Autant que la photographie, elle aime rencontrer les gens, décortiquer leur quotidien, et les choses ordinaires qui façonnent leur monde...L’Humain est très souvent au centre de son travail. Elle revendique une écriture personnelle, sur des projets au long cours à l‘échelle régionale, nationale et internationale. Ces derniers impliquent souvent d’autres professionnels dans des domaines d’application aussi variés que le graphisme, l’édition, la vidéo, le son ou l’évènementiel. Son travail a souvent été récompensé par des prix et soutenu par la DRAC et la Région Occitanie. Ses images sont régulièrement exposées (Les quais de Seine à Paris pour l’Hyperfestival, Third Floor Gallery à Cardiff, le C.R.I. des Lumières à Lunéville)...Elle participe également à des résidences d’artistes : à Casablanca avec l’Institut Français, Occitanie Film pour proposer un regard sur des décors dans la région Occitanie... En parallèle elle collabore régulièrement avec la presse nationale, des associations ou des structures culturelles. La transmission fait aussi partie de ses activités: interventions scolaires, ateliers auprès d’étudiants...

Présentation

C'est le monde à l'envers. C'est moi qui n'arrive pas à montrer que Nathalie est aveugle. Elle l'est pourtant. Elle regarde, elle pointe du doigt. On dirait qu'elle voit. Alors je doute. Je me sens comme l'arrosée de l'arroseur arrosé. Et puis Nathalie n'entend pas non plus, elle est née sourde. Et ça, ça ne se voit pas non plus. J'ai lu que l'ouïe et la vue étaient les deux sens les plus développés chez l'Humain. Nathalie, pour entendre et voir, elle touche. Pour parler, elle signe. On a l'impression que rien ne l'arrête. Je me retourne, elle a disparu. David me crie de l'autre côté de la maison qu'elle est partie nourrir les poules.

Jeune, David s'est fait fauché par une voiture. Bilan: 3 mois de coma, une jambe biscornue et plus de mémoire immédiate. Quand il me fixe en fronçant le regard, je sais qu'il cherche encore une fois mon prénom. Il est souriant, accueillant et déstabilisant aussi avec ses trous de mémoire. Pour David, tout est possible, toujours, tout le temps. C'est fatiguant pour nous, les valides. Il ne se rend pas compte. Et voilà, c'est encore le monde à l'envers. Une chose est sûre, sa femme, c'est tout. Pour lui, «tant que je suis avec ma princesse, la vie est belle».

Et puis il y a les animaux. 6 chiens, 5 tortues, 3 lapins, 4 poules, une gerbille et 11 colombes, presque 12. C'est pas rien. Les chiens ronflent, les colombes rient, tout est à sa place. Ou plutôt rien n'est à sa place mais tout va bien. Peggy va arriver. C'est toujours une fête. Peggy, c'est l'auxiliaire de vie, mais tellement plus que ça en fait. Presque un membre de la famille. Au milieu de ce monde, je cherche la lumière. Il y en a peu dans la maison, ça éblouie Nathalie. Ah bon?

Qu'est-ce que je suis venue photographier. Je ne sais plus, tellement tout à l'air normal.
Alex me l'avait bien dit: «tu es en train de vivre pleinement les problématiques du handicap invisible. » Derrière ces images où tout semble si normal, on parle bien de handicap. Et puis il y a l'interdépendance aussi. Ce mot, je l'ai bien compris en voyant Nathalie et David. «Elle est ma mémoire, je suis sa parole et ses yeux».

Un grand merci à Nathalie et David pour leur accueil et leur disponibilité.
Et un merci tout particulier à Peggy qui a été le trait d'Union entre nous.