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| Les photographes issus de la sélection du jury |
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Alexandra POUZET
Intérieurs
Avec "intérieurs", Alexandra Pouzet file le parallèle entre le corps et la maison, deux lieux de l'intime emboités l'un dans l'autre, en perpétuelle recherche d'articulation de l'un avec l'autre. Refuge et prison, propriété et mystère, connu et inconnu, la maison et le corps existent comme réalités physiques et comme fantasmes, présences en trompe-l'oeil, nids de peurs et de désirs. |
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Bertrand STOFLETH
Actualités
Voici des images produites, au sens presque cinématographique du terme. Le dispositif de prise de vue d'abord : une chambre photographique placée sur une nacelle élévatrice. Et puis des acteurs et une mise en scène, l'attention extrême portée à la lumière, à la composition, aux attitudes. Dans le même temps, l'extrême banalité des situations nous entraîne du côté de l'instantané d'un quotidien sans signification particulière. De cette oscillation-hésitation entre fiction et absence de récit, entre évidence et étrangeté, naît un trouble qui envahit simultanément l'espace représenté et l'image qui le représente, qui nous incline à douter des certitudes et à croire en l'incroyable.
Exposition réalisée avec le soutien d'Atelier Voies Off |
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Caroline BOYER
Une autre réalité
Caroline Boyer résiste à sa manière à la perte du visage et à l'enfouissement du corps dont le quotidien nous menace.
N'aurions-nous le choix qu'entre le dérisoire et l'absurde ? Ces photographies nous sauvent d'une telle alternative, en chorégraphiant comiquement l'enlacement de l'un avec l'autre.
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Carolle BENITAH
Twelve
Carolle Bénitah a photographié son fils tout au long de sa douzième année. Elle a voulu saisir ce moment de passage et de fragilité qu'est l'adolescence, sans chercher à le documenter. Images mentales, les portraits présentés sont des fragments intimes et brouillés de vie quotidienne, une tentative de saisir l'intangible, comme le temps qui passe ou la transformation d'un corps enfantin.
L'adolescence comme affleurement à la surface du monde. Sortie de l'enfance : émergence d'une identité soutenue seulement par des absences sur lesquelles on ne peut plus se retourner. Un visage s'exhume ou s'engloutit sur un arrière-plan sans fond, apparition dont on ne sait ce qu'elle doit encore à l'animal et à l'humain. Cheveux de gorgone Méduse, regard de Narcisse dans le visage-miroir de la mère : l'enfant hésite sur le chemin de l'homme.
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Cécile CHAMPY
Grünen Plätze
De façon paradoxale Cécile Champy utilise la photographie numérique, symbole de vitesse, -voire de précipitation- pour réaliser des tableaux emprunts de lenteur et de sérénité. Cela tient aux lieux, bien sûr, mais aussi à la durée. Comme les tableaux peints, ces images ne sont pas celles d'un instant mais d'une succession de moments superposés. Cécile Champy s'est ainsi donné le loisir d'agencer les éléments dans l'espace, c'est-à-dire de composer, tout en préservant ce réalisme dans le rapport au visible qui est celui de la photographie. Cette véracité visuelle incontestable, appliquée à du "presque-possible", contribue à faire naître le vague trouble qui nous saisit à la vue de ces images. De ce monde trop bien composé, trop bien rangé, apparu le temps d'une illusion photographique, nous avons à la fois la crainte et la tentation. |
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Christophe CHAMMARTIN
Prison de plastique
Christophe Chammartin a photographié les ouvriers agricoles immigrés employés dans les immenses étendues de serres de la région d'Alméria, dans le Sud de l'Espagne.
L'intention de témoigner, d'interroger non pas ici l'image et la représentation, mais le monde sous ses aspects sociaux et politiques, transparaît parfois dans la forme même des images. L'étrangeté visuelle très forte de ces scènes, pourtant situées aujourd'hui en Europe Occidentale, met à mal nos repères et nos codes d'identification, nous renvoie à l'étrangeté de la situation faite à ces hommes, maintenus dans des lieux qui ne sont ni de là-bas ni d'ici. Habitants de maisons de bric et de broc, posées nulle part, parfois transparentes comme ces serres dont l'unique objet est le rendement au mètre carré d'une terre privée de nom et de sens.
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Emile LOREAUX
Tête de gondole
Cette série ne tient pas seulement son pouvoir critique de mises en situation très élaborées, mais d'une forme qui insère le personnage lui-même dans une situation à la fois dérisoire et tragique. On s'approche ainsi de l'essence des lieux photographiés, les supermarchés de la grande distribution. La théâtralité loufoque de ces endroits est admirablement évoquée par la pose de notre héros, lorsque nous le trouvons gravement installé dans un fauteuil de décor de théâtre, lui-même trônant sur un caddie, devant un arrière-plan chaotique, certes, mais meublé.
Exposition réalisée avec le soutien de Picto et de Gapihan Encadreur |
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Guillaume LE BAUBE
Renaissance
La pose longue et le cadrage aléatoire du sténopé oeuvrent en partie à l'insu de la conscience du photographe. Des formes reconnues deviennent évanescentes et se fondent dans l'informe. Ainsi, ce procédé peut agir comme la retenue, le refoulement d'une image dont l'apparition est à peine souhaitée. Peut-être en est-il ainsi des réminiscences à l'oeuvre dans ce lieu à l'atmosphère carcérale, ancien bâtiment médical désaffecté. |
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Joana BENICHOU
Il faut un effort pour enfoncer un seau vide dans l'eau
Le réel nous résiste de toute sa muette indifférence. Ces images sont sans récit dicible : elles résistent au langage même, pour nous parler d'ailleurs, de là où ne subsistent qu'un visible premier et des mots impuissants (de là où l'image est irremplaçable). Ces photographies se meuvent dans la possibilité infinie qui leur est ouverte : n'écarter aucun des peurs et des doutes dont nous provenons. |
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Jung-rank PARK
Heimlich ou Le jeu de rôles
Jung-rang Park pose brutalemet et cruellement les questions contemporaines qui s'adressent au "portrait de famille", quelques générations après qu'il eût constitué le fondement de la photographie et de la représentation familiale.
Que reste-t-il de la famille, hors de la représentation photographique codifiée de son harmonie, de son rang, de ses rites ?
Que reste-t-il de la photographie hors d'une fonction de récit conforme aux attentes de qui voudrait une explication convaincante de la marche du monde ?
Qu'est-ce qui "tient" encore après ce grand nettoyage des fantasmes et des présupposés ? Sans doute quelque chose de la vérité de notre liberté et de notre inquiétude.
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Maïa ROGER
L'angoisse n'est jamais aussi forte que lorsqu'elle habite le monde de l'enfance. Un univers où les hommes ont des têtes de souris, des oreilles d'éléphant ou des pieds de cochon est par excellence celui du conte, de la bande dessinée ou du dessin animé, Autant de lieux rassurants, surtout après avoir été passés au crible du marché de l'enfance. Mais lorsque cette mythologie enfantine rencontre l'univers d'un adulte imprégné de l'iconographie des films d'horreur et des faits divers sanglants... alors le lien secret qui unit l'image à nos inquiétudes les plus profondes s'en trouve renforcé et comme dévoilé au grand jour. |
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Margherita CROCCO
Paradoxalsvisions
Souvent habité d'une vague angoisse, le couloir est cet endroit étroit et vertical, faille qui parcourt l'univers intime et fantasmé des chambres ou des pièces qui le bordent. Margherita Crocco y installe de curieux rites, comme pour exorciser les menaces que le secret des chambres fait peser sur l'espace commun des corridors, et inversement. Par ses installations et ses mises en scène, Margherita Crocco fait du couloir, lieu de l'exposition brutale au monde de l'Autre, un point de collision des rêves et des signes. |
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Renaud MARION
Manèges désenchantés
Ici, le photographe n'a pas eu à mettre en scène : le décor était déjà dressé, l'espace déjà "naturellement" théâtralisé. La photographie soumet alors toute la puissance de son réalisme à la restitution d'un monde irréel. Elle pose son regard léger sur un visible déjà alourdi de décorum et de signes. Et c'est comme si, soudainement, sous l'accumulation des facticités, la vérité toute nue de nos mélancolies d'enfance apparaissait enfin... |
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Prix Echange Fotoleggendo (Rome) / Boutographies (Montpellier)
Lauréat 2008 pour les Boutographies : Carlo GIANFERRO (Italie)
Carlo Gianferro, né à Rome en 1970, est devenu photographe professionnel après avoir travaillé dans une société d'informatique. Ces dernières années, son attention s'est focalisée sur l'Europe de l'Est post-communiste. "Gypsy Architecture", réalisé en collaboration avec les architectes Patrizio Corno et Renata Calzi, a été publié en avril 2007 par la maison d'édition allemande Axel Menges. Les travaux actuels de Carlo Gianferro portent sur l'intégration des travailleurs étrangers sur les gisements pétrolifères du Kazakhstan et sur l'architecture de l'ex-Union soviétique, dans le cadre d'un projet intitulé "Goodbye, block".
Gypsy Architecture
"Gypsy Architecture" est né d'une série de voyages effectués en république de Moldavie et en Roumanie entre 2003 et 2005. Carlo Gianferro y a photographié les intérieurs de maisons habitées par des familles rom sédentarisées. Dans la profusion des styles et des objets transparaissent les aspirations contradictoires de ces familles plus ou moins récemment installées : volonté d'intégration et souci de transmission des héritages traditionnels, protection des lieux de l'intimité familiale et exhibition de biens témoignant du pouvoir et de la richesse. L'aspiration à la dignité imprègne les attitudes et les regards, ceux des aîeux comme ceux des jeunes, tous éminement fiers d'un héritage millénaire jalousement préservé. |
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TRANSIT
Présent sur Montpellier depuis six ans et composé aujourd'hui de six photographes et d'une chargée de projets, le collectif transit porte la volonté d'une génération exigeante sur les orientations et la pratique de la photographie.
Si la majorité de leurs travaux sont issus de projets individuels, c'est dans le choix de leurs sujets et la manière de les traiter que leurs démarches convergent. Sans complaisance ni agressivité, avec un regard lucide qui ne s'interdit ni l'humour ni la poésie, ils tentent de dresser ensemble le portrait décalé d'un monde auquel ils participent.
Avec leur exposition collective, Palavas-Shoushi, ils vous convient à découvrir six facettes de leurs parcours.
http://www.transit-photo.com
Des Rives
Bastien Defives
Aucune zone littorale n'échappe désormais à la planification humaine. Présente de manière évidente dans les zones industrielles et les stations balnéaires protégées par les digues, elle l'est jusque dans la délimitation et la gestion des zones naturelles préservées.
Suivre la côte de manière systématique, marcher sac au dos entre terre et mer, permet de dresser un état des lieux photographique de cette frontière qui n'a souvent plus de naturelle que le nom
Cette série a été réalisée entre Avril 2004 et Octobre 2005, en parcourant la côte méditerranéenne de la frontière espagnole à la frontière italienne.
Travail réalisé avec le soutien de Canon France, Fujifilm, laboratoires Dupon, Institut Géographique National (IGN), région Languedoc-Roussillon.
Post ex-Yougoslavie
Alexa Brunet
En parcourant les républiques d'ex-Yougoslavie au cours de trois séjours en 2004 et 2005, elles ont choisi de renouveler la confrontation de leur perception d'une même région du monde et de s'intéresser aux mutations de ces états-nations qui tentent de trouver leur place dans l'Europe contemporaine. La volonté affirmée d'ancrer des images dans un espace-temps donné fait de cette exposition un état des lieux des républiques d'ex-Yougoslavie dans le contexte d'une actualité qui n'est plus évènementielle.
Exposition produite avec le soutien de la bourse Déclics Jeunes de la Fondation de France et la DRAC PACA.
Good Morning Armenia
Nanda Gonzague
Selon la Bible, l'Arche de Noé s'échoua au sommet du mont Ararat, devenu le symbole de l'Arménie. Ses descendants, les Arméniens ont traversé une histoire mouvementée, parsemée d'invasions, de guerres et de massacres. Mais l'opiniâtreté de ce peuple, accroché à sa terre lui a permis de conserver intactes sa culture et sa foi.
Aujourd'hui souveraine et libre, l'Arménie se trouve au carrefour de son histoire car elle laisse derrière elle le statut de communauté religieuse pour celui de société politique.
Du nord au sud, de la frontière turque à la frontière Azérie j'ai photographié l'Arménie spirituelle, territoriale et économique.
Nanda Gonzague
Sur un air d'autoroute
David Richard
Avec cette série, j'ai cherché dans la « migration estivale » à explorer les rapports entre l'homme et son véhicule à travers des photographies proches de ces vies, de ces espaces privés qui se juxtaposent. L'automobile devient le temps d'un voyage une extension de l'habitat, le bitume une terrasse ou un terrain de jeu.
Les aires de repos offrent à l'observateur l'occasion rare de fixer une peinture de la société française et européenne, en retenant du flux autoroutier un concentré de modernité à travers la multiplicité des situations et le caractère toujours un peu exceptionnel des grands départs en vacances. Ce travail nous parle de cet humain plus que jamais nomade.
Ces photographies composent le premier volet d'un travail sur la route
Datcha : don de terre
Alexandra Frankewitz
Après plusieurs années de propriété d'Etat, elles redeviennent la propriété de particuliers. Sans attendre, les nouveaux propriétaires cultivent ces lopins de terre afin de survivre en temps de crise et de pénurie.
Au fur et à mesure, les petits cabanons et remises qui servaient aux outils se sont agrandis pour se transformer en maisons rudimentaires. L'été, des milliers de Russes se dirigent vers leurs datchas afin d'éviter le bruit, la chaleur et la pollution des villes et pour s'adonner aux plaisirs simples de la campagne.
Projet réalisé en Août 2007 - Vassilievo et Phelitovo, Russie
Commercio y justicia
Yohanne Lamoulère
En Argentine, après des années de politique économique illusoire et désastreuse soutenue par le FMI et la Banque Mondiale, le système s'écroule, provoquant une dévaluation de 300 % ainsi que le blocage des avoirs et des comptes courants.
Les grands patrons, « initiés » juste avant l'effondrement, s'enfuient avec les capitaux, laissant les ouvriers sans emploi et sans argent.
Après une révolte populaire et un mouvement social sans précédent, l'Argentine s'organise, cultivant des systèmes de troc, d'entraides et d'assemblées populaires. Les travailleurs de certaines entreprises « sans-tête », après les avoir âprement défendues, relancent les machines et trouvent des solutions légales pour les récupérer.
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Textes : Christian Maccotta Traductions : remerciements à Zàira Mantovan |
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